Il est suisse, il écrit des thrillers et le dernier sort dans quelques jours. Notre duo Nélie a pu rencontrer l’auteur Nicolas Feuz.

Crédit photo: Dominique Derisbourg

 

Le livre: EUNOTO, Les noces de sang

Par: Nicolas Feuz

Aux éditions : THE BOOKEDITION.COM

Bio de l’auteur:

Le Neuchâtelois, Nicolas Feuz a longtemps dédié sa carrière à la loi. En effet, il a commencé sa carrière en tant qu’avocat, avant d’être élu juge d’instruction en 1999 et finalement procureur en 2011. C’est en parallèle à sa carrière qu’il se lance dans l’écriture, en 2010. Ses proches retrouvent ici un moyen pour lui de laisser libre cours à son imagination débordante. D’autres, y voient une sorte de défouloir face à toutes les horreurs quotidiennes qu’il découvre à travers les différents procès ainsi que les acteurs majeurs de ceux-ci (policiers, etc.).

Résumé :

Le monstre de Saint-Ursanne est-il victime d’une erreur judiciaire ? Qui sont les jeunes filles retrouvées, dont le corps a été décapité ? Pourquoi un gendarme a-t-il été tué devant les HUG ? Le jeune inspecteur Michaël Donner trouvera-t-il des réponses à toutes ces questions ?

 

Avis de NéLie :

Un thriller coup de coeur surtout au niveau du rythme qui ne s’essouffle pas jusqu’à la dernière page. Ce roman haletant nous a donné l’impression de regarder un épisode de “24 heures chrono”.

Nous passons d’un canton romand à l’autre à grande vitesse au côté de l’inspecteur Donner à la recherche d’un Serial Killer. Chaque élément est important et le suspense reste entier jusqu’au bout. Attention, âmes sensibles s’abstenir! En effet, certaines scènes sont difficiles: les descriptions sont tellement réalistes, certainement dues à la profession de l’auteur,  nous avons dû poser le livre pour reprendre notre souffle, alors que, nous sommes adeptes de thrillers!

Pour notre part, la fin devient trouble avec certaines longueurs sans doute dues à trop d’informations en peu de pages.

Nous conseillons ce livre  à tous ceux qui aiment les courses poursuites, les intrigues, mais aussi la redécouverte de nos régions puisque le roman se déroule dans les cantons de Genève, Vaud, Neuchâtel et Valais. Merci à Nicolas Feuz pour les clins d’oeil au GSHC et Fribourg-Gottéron (Lie est fan de hockey;-)).

Ce livre est conçu comme une histoire à part entière. Il peut être lu sans avoir besoin d’avoir lu d’autres tomes. Sortie en librairie le 17 octobre.

 

 

Le Journal de Lucie : « EUNOTO » est le titre de votre dernier thriller. Il parle d’une cérémonie Massaï, pourquoi ce titre et quelle est sa signification pour vous ?

Nicolas Feuz : Eunoto est la fin de la période du guerrier chez les Massaïs, le passage à l’âge adulte qui permet d’accéder au mariage. Eunoto est le cinquième roman de la série dédiée à l’inspecteur Michaël Donner, dit «Mike». Il constitue un second prequel à la trilogie massaïs, dont l’histoire se situe entre la fin d’Emorata (premier prequel) et le début d’Ilmoran (tome 1 de la trilogie). Il peut cependant se lire indépendamment des quatre autres titres, qui comptent tous des titres correspondant à des cérémonies ou des stades de la vie des Massaïs. Si Emorata et Eunoto n’ont certes aucun lien direct avec les massaïs (si ce n’est la couleur de peau du policier métisse Mike Donner), l’explication de ces titres se trouve dans Ilmoran.

LJDL : Comment conciliez-vous votre vie professionnelle qui doit être chargée et votre vie d’écrivain ? Qu’est-ce qui vous ressource ?

NF : Un travail à 120% et un hobby à 120%, ça fait largement plus que 24 heures… et pourtant, je dors bien ! Trêve de plaisanterie, je ne sais pas, mais j’y arrive. Et je suis à jour dans mon travail. On reproche toujours à la Justice d’être lente, je refuse de donner raison à cette idée préconçue et que mes dossiers pâtissent de mon hobby. Donc, je rame parfois pour être à jour… et avoir encore un peu de temps pour écrire. Je me ressource de différentes manières, notamment dans le sport, mais surtout sans jamais porter préjudice aux heures de sommeil dont j’ai besoin.

 

Crédit photo: Dominique Derisbourg

LJDL : Est-ce que les affaires criminelles que vous décrivez dans « EUNOTO », sont tirées de votre expérience professionnelle ?

NF : Pas directement, car je suis lié au secret de fonction et de l’instruction. En revanche, on trouve dans Eunoto une série de références à des événements romands ayant existé (notamment dans les discussions entre les deux gendarmes genevois en patrouille ou encore la tragique affaire de l’incendie d’une cellule aux EPO*). Ceux-ci ont défrayé la chronique lorsqu’ils ont été rendus publics. Je tirerai plus facilement de mon expérience professionnelle des techniques d’investigation, par exemple la virtopsy (autopsie virtuelle avec un scanner 3D du corps) ou l’usage multiple des drones (tant par la police que par les criminels), ou encore des scènes et dialogues de la vie professionnelle (comme par exemple la réunion des procureurs et policiers romands dans les locaux du Ministère public de Vevey, pour faire le point sur l’enquête en cours).

LJDL : Pourquoi l’autoédition ?  Est-ce qu’à l’avenir, vous pensez intégrer une maison d’édition pour être publié plus largement ?

NF : L’autoédition a été un choix par défaut, au moment de la sortie de mon premier livre Ilmoran. Puis, je me suis satisfait dans ce système, sans chercher d’éditeur, voyant que la mayonnaise avait pris. Toutefois, cette «autoconstruction» sur le plan romand s’avère pratiquement impossible à étendre au reste de la francophonie (sans encore parler de traductions). Donc, dès 2018 – touchons du bois, les tractations sont en cours – je devrais être édité à Paris.

LJDL : Il existe une belle amitié entre vous et Marc Voltenauer. Dans les deux romans policiers »EUNOTO » et « QUI A TUE HEIDI? » , vos inspecteurs se rencontrent dans une même scène, quel joli clin d’œil ! À quand un manuscrit à quatre mains avec vos deux inspecteurs ?

NF : Avec Marc, nous avons évoqué deux idées dès notre toute première rencontre au début du mois de janvier 2016 : créer un Cercle d’auteurs de polars romands et organiser une rencontre entre nos deux enquêteurs dans Eunoto et Qui a tué Heidi ? C’est chose faite. La rédaction de ce chapitre commun a d’ailleurs été une magnifique expérience. Maintenant que nous avons réalisé nos deux premières idées, il va falloir en trouver d’autres…

LJDL : Si nos lecteurs visitent Neuchâtel que leur conseilleriez-vous ? Votre quartier préféré ? Et votre bistrot favori ?  

NF : La colline du Château et de la Collégiale est un site incontournable de Neuchâtel. On mange de très bons tartares de bœuf au Café de la Collégiale. Il y a également la place des Halles et celle voisine du Coq d’Inde, avec mon «stam» le café (et crêperie) Le Sud. Et si vous aimez les falafels et la cuisine israélienne, allez faire un tour chez Ami-Ami en pleine zone piétonne du centre-ville ; vous voyagerez tout en restant chez nous.

 

*EPO= Les établissements de la plaine de l’Orbe.

 

 

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