Une petite semaine culturelle du côté du journal de Lucie avec: la critique (constructive, évidemment!) d’un spectacle, la série à ne pas louper et, un festival à découvrir du côté de Lausanne.

Par Didier et Lucie

La série à voir:

 

Si vous n’avez pas vu « La Trêve », il est temps de vous rattraper. Ça tombe bien, la saison 1 de la série est disponible sur Netflix. Cette série belge (si, si) a été imaginée par Benjamin d’Aoust, Matthieu Donck et Stéphane Bergmans. Déjà remarquée par les professionnels et les « sériophiles » celle-ci a remporté le prix de la meilleure série francophone au 7e Festival Séries Mania, à Paris, en 2016. Le pitch? Tout va pour le mieux dans le village belge enfoui au fin fond des forêts qu’est Heiderfeld. Tout va bien jusqu’au désagréable meurtre d’un jeune footballeur retrouvé dans la rivière La Semois. Yoann Peeters, un enquêteur récemment muté de Bruxelles va se charger de cet « incident » qui se révèle être, au final, un meurtre. Au fil des épisodes vous découvrirez une intrigue de plus en plus trouble qui mêle : des flics incompétents, des villageois louches aux secrets enfouis, et, pour couronner le tout, un chargé d’enquête, le fameux Yoann Peeters, quelque peu fragile et instable. Si je vous conseille vivement de découvrir ce petit bijou, c’est pour l’ensemble de sa réalisation : tout d’abord, pour la partie visuelle de la série. Les images sont d’un haut niveau d’esthétisme. Il ne faut que quelques secondes aux téléspectateurs pour s’immerger dans l’univers à la fois glauque, mystérieux et inquiétant de Heiderfeld (perso, j’éviterai d’y passer mes vacances). Ensuite, pour le jeu d’acteurs. Il y a les ploucs du village, les ados aux mœurs intrigantes et il y a surtout, Yoann Blanc. Yoann Blanc, acteur franco-suisse joue avec brio le rôle de l’inspecteur en charge de l’enquête, Yoann Peeters. J’ai été, personnellement, complètement bluffée par l’intensité de jeu du comédien. Cet acteur « à gueule » semble quasiment habité par son personnage. Rien d’étonnant donc que le comédien vient de remporter le « Magritte » du « meilleur espoir masculin » pour son rôle dans le film français « Un homme à la mer ». Un talent à suivre de très près.

Bref, vous l’aurez compris, cette série est pour moi d’un très haut niveau, l’intrigue est bien ficelée et, jusqu’aux dernières minutes, il vous sera difficile de deviner qui est le réel meurtrier. J’ai dévoré cette série en une semaine et fort heureusement, une saison 2 est actuellement en tournage.

Plus d’informations:

 https://www.youtube.com/watch?v=eu7F0U7aqow

 

 

Le festival à découvrir:

 

 

C’est jusqu’au 22 à Lausanne et comme chaque année, on se réjouit d’être surpris par l’éclectisme de l’offre proposée : Le LUFF, soit le Lausanne Underground Film & music Festival débarque à Lausanne. À découvrir : des longs métrages, des courts expérimentaux, des fictions, des documentaires et des animations, bref, toutes les saveurs seront à savourer sur grand écran. Laissez-vous surprendre par le programme à découvrir sur le site du Luff et, comme chaque année, profitez-en pour partir à la rencontre de certains réalisateurs présents, c’est notamment le cas pour le film de fermeture « Laissez bronzer les cadavres » (tiens, encore un film à moitié belge, décidément, ces belges..) qui se fera en présence de Hélène Cattet et Bruno Forzani.

Plus d’informations:

http://2017.luff.ch/fr/programmePDF.php

 

La critique à méditer:

 

La semaine dernière, Didier vous faisait découvrir une interview avec la comédienne Victoria Baumgartner. Cette semaine, il vous parle de son ressenti sur la pièce « Will ou huit années perdues du jeune William Shakespeare » par Will & Compagnie.

« Il y a des jours et des lunes… parfois, on n’attend plus rien et on se laisse aller car on a besoin de retrouver ses pas perdus en chemin… Un jour, en me donnant la chance de m’évader un peu l’instant d’une soirée, Zelda Chauvet, une amie produisant la pièce dont je vais vous parler, m’a invité à découvrir cette petite pépite.

Comme happé par la beauté du soleil se reflétant sur la rosée au petit matin, ce qui s’est passé sous mes yeux ce soir-là m’a hypnotisé… et redonné envie de croire à un théâtre ressuscité. J’ai également beaucoup ri et un peu pleuré : ) …Tout d’abord, Victoria Baumgartner… fût pour moi une découverte sur les planches aux relents de divin, suivie d’une rencontre qui fait du bien, entre théâtre, émotions, compréhension de la vie et de l’humain…Le théâtre est-il mort en regardant grandir d’autres arts plus actuels qui l’auraient rendu désuet ? C’est ce qu’on pourrait croire en écoutant une bonne partie de cette nouvelle génération vivant à mille à l’heure et dont le temps est plus compté que jamais ! Mais cet exercice périlleux a bien heureusement toujours trouvé place dans le cœur de certains résistants. Le jeu des acteurs, tant ils doivent donner et se donner à chacune des représentations, est galvanisant comme peu d’autres. L’énergie VRAIE ressentie frontalement nous touche au plus profond de notre âme d’enfant sommeillant, se gravant en nous pleinement, sans un écran pour nous séparer.

 

Alors j’aimerais parler d’humains plus touchés par certains auteurs ou mouvements que d’autres, dont la passion presque fusionnelle devient religion et qui, parfois, dans un élan relevant d’un génie certain, mais aussi de dévotion pour leur engagement, donnent naissance à des chefs d’œuvres. Tel ce « Will » nous contant huit années perdues de la vie du jeune William Shakespeare. Transcendant clairement son média en le magnifiant avec des idées et des techniques propres à son univers, ici celui de Victoria Baumgartner jeune auteure spécialiste de Shakespeare. Elle le fait avec une approche technique son et lumière dynamique et imprégnant, une énergie dévastatrice et un talent sortant le théâtre de ses – selon certain – trop vieilles fondations.J’aurais voulu aussi vous parler de la pièce en elle-même, bien évidemment, et des acteurs magistralement possédés par leurs rôles et s’exposant incroyablement, s’adressant au public directement en les incluant dans leur réalité. Vous décrire les sons et lumières qu’eux-mêmes règlent à chaque moment, donnant lieu à des instants durant lesquels on retient son souffle… en totale lévitation… grâce à la table de mixage présente à côté de la scène. Il y a également l’utilisation de la salle et de son espace, permettant beaucoup de choses, qui m’ont offert un spectacle fascinant… Mais il faut bien sûr VIVRE la pièce pour réellement se l’approprier et pouvoir l’apprécier à sa juste valeur. Vous l’aurez compris, j’ai été happé par ce magnifique spectacle. Tenez-vous au courant des prochaines dates en vous rendant sur le site de Will & Compagnie, ça vaut le détour. »

Plus d’informations: 

http://www.willetcompagnie.com

 

 

 

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