Alex Loup pour Unsplash

Notre duo Nélie nous propose de lire, au coin du feu, deux romans passionnants dont elles nous étayent les propos.

Titre: Les règles d’usage, sorti en 2003, traduit en 2016

Auteur: Joyce Maynard

Edition: Philippe Rey

 

Joyce Maynard est née en 1953 dans le New Hampshire. L’Américaine est l’auteur de nombreux romans et essais. Mère de trois enfants, elle partage son temps entre la Californie  et le Guatemala. Son parcours d’écrivain commence en 1972, elle est alors étudiante à l’université de Yale, lorsque le prestigieux New York Times Magazine publie son article intitulé « Une fille de dix-huit ans se retourne sur sa vie ». À la suite de cet article, elle commence une correspondance abondante avec J.D. Salinger, écrivain américain, puis commence une relation amoureuse avec lui, relation qui marquera profondément l’écrivaine et l’inspirera dans la suite de sa carrière. En 1988, elle évoque notamment cette relation dans son récit autobiographique Et devant moi, le monde. Une autobiographie dans laquelle elle aura le courage d’y déboulonner le mythe Salinger, et d’exposer les conséquences dévastatrices que cette relation a eu sur sa vie.

 

Résumé : Cette histoire nous emporte dans le monde de Wendy, jeune fille de 13 ans. Nous y découvrons la vie de la post-adolescente et la façon dont elle fait face à la disparition de sa mère, dans les tours jumelles, le 11 septembre 2001. Ce livre parle de la reconstruction de Wendy, dont le deuil est impossible sans retrouver le corps de sa maman. On y découvre aussi au fil des pages la vie déchirée de Wendy entre son beau-père et son père d’une côte à l’autre des Etats-Unis.

 

L’auteur, Joyce Maynard

 

Avis de Né : Un roman écrit avec beaucoup de sensibilité et pudeur. Le début contient quelques longueurs certainement voulues par l’auteur. Ce rythme a été fait, selon moi, afin de nous permettre de ressentir l’attente jour après jour, le retour de cette épouse, maman, amie auprès des siens. Nous suivons le ressenti, la reconstruction des membres de cette famille en deuil qui devient vite attachante et qui tente de réapprendre à vivre.

 

Avis de Lie : Quand les personnages de l’histoire me manquent lorsque je referme le livre c’est que ce roman restera imprégné dans ma vie de lectrice. On capte les perles de lumière qui vont aider Wendy dans son acception du deuil, entre musique, dessin et amitiés improbables. Pour ma part, le 11 septembre reste un rappel douloureux de cette première attaque sur sol américain qui a ébranlé le monde, la fin de l’ère de l’insouciance.

L’histoire reste résolument actuelle malheureusement. Et ce, malgré le fait qu’il ait été écrit en 2003 et qu’il vienne seulement d’être traduit en français.

*****

 

Titre: Elle voulait juste marcher tout droit

Auteur: Sarah Barukh

Edition: Albin Michel

 

Sarah Barukh est née il y a 35 ans. Depuis sa tendre jeunesse, elle ne se lasse pas qu’on lui raconte des histoires. C’est donc tout naturellement que les métiers de la communication l’attirent vivement. Après avoir créé son entreprise dans la communication, la Parisienne décide d’écrire son premier roman “Elle voulait juste marcher tout droit”.

 

Résumé: Nous sommes en 1946, la guerre est finie, Alice 8 ans placée dans une ferme à la campagne attend le retour de sa mère. Lorsque cette dernière vient la chercher pour la ramener à Paris sa vie bascule. Comment cette fillette désemparée pourra se construire avec les ombres du passé entre une mère qu’elle ne connaît pas et un pays dévasté par la guerre?

 

L’auteur, Sarah Barukh

Avis de NéLie :Très gros coup de coeur pour cette histoire! Les romans qui se déroulent durant le XXe siècle et la Deuxième Guerre mondiale nous passionnent, mais là pour une fois, l’histoire raconte les années après guerre (1945-1949) effectivement cette période n’est pas souvent décrite, ce qui pour nous rend le récit captivant. (Il serait bien d’essayer d’expliquer en une phrase si les propos du livre sont bien recherchés et si l’atmosphère est différente que celle d’une livre qui se déroule durant la guerre).

Comment Alice va se construire et faire face à ses origines, aux non-dits, et aux secrets qui l’entourent pour celle qui “Voulait juste marcher tout droit”. On s’attache à la fillette qui est un petit bout de femme enfant, touchante, courageuse et téméraire: on aime, au fur et à mesure de l’histoire, la suivre jusqu’au Nouveau Monde.

Pour nous, ce roman est magistral et nous a tenus en haleine. Les sentiments, les émotions et les stigmates laissés par cette guerre nous sont racontés à travers les yeux d’une enfant. Le genre de roman où Né ralentit sa lecture aux dernières pages tant elle ne veut pas quitter les personnages. Un premier roman pour Sarah Barukh écrit avec beaucoup de finesse et de sensibilité, une très belle réussite.

En résumé malgré des sujets douloureux nous pouvons que vous recommander ces deux magnifiques romans, lumineux, optimistes et d’une grande sensibilité.

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